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PODCAST Abayas: la guerre continue

Dernière mise à jour : 22 sept. 2023

Maintenant que le gouvernement a fait sa rentrée sur fond d'interdiction de l'abaya "au nom de la défense de la laïcité", comment décrypter cette énième prohibition ciblant les musulmans?




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Malgré l'opération de diversion grossière initiée par le nouveau ministre de l'Éducation Nationale Gabriel Attal, l'abaya, ou robe longue attribuée exclusivement aux jeunes femmes musulmanes pratiquantes, a été l'objet de tous les débats de cette rentrée 2023. Tout le gouvernement Macron, soutenu par la droite identitaire et l'extrême droite, s'y sont mis pour répéter qu'il fallait protéger la laïcité, faire face au fondamentalisme, à l'entrisme etc...


Mais si la mesure a conforté les tenants d'un discours identitaire anti-musulman, son applicabilité reste à prouver. Interrogée sur le sujet, la secrétaire d'État chargée de la citoyenneté Sonia Backès a été incapable de faire la différence entre une robe longue et une abaya et a donc démontré que la discrimination envers les jeunes femmes musulmanes allait être la norme. C'est ce qu'a affirmé Carole Zerbi, cheffe d'établissement et syndicaliste. Interrogée à son tour, elle n'a pas hésité à déclarer que les élèves dont on pouvait deviner la religion serait interdites de port de abaya. en d'autres termes, les abayas seraient interdites selon le faciès des élèves; ce qui est passible d'une condamnation en justice puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'un appel à la discrimination.


Les organisations musulmanes et les responsables musulmans, particulièrement les responsables religieux ont brillé par leur silence. Il faut dire que depuis le passage de la loi séparatisme en 2021, la priorité est au silence et à ne surtout pas se mettre à dos les services de l'État. À gauche, Manuel Bompard (LFI) n'a pas hésité à dénoncer l'écran de fumée jeté par le gouvernement, tout comme l'écologiste Cyrielle Châtelain qui a parlé d'une "polémique rance pour détourner l'attention de la politique de démantèlement de l'école publique de Macron". Mais comme toujours, les sujets liés aux français musulmans et l'islamophobie divisent toujours à gauche au lieu d'être un point de ralliement. Qu'il s'agisse de racisme d'un côté et d'accroissement de l'arsenal répressif de l'autre, ne semble pas remettre en question les calculs électoralistes.


Interrogée sur la question, la nouvelle présidente de la CGT Aurélie Binet a exprimé son accord avec le gouvernement, ce qui fait réagir sa base militante qui l'a publiquement dénoncée. La tentation islamophobe à gauche reste persistante. Pressenti comme futur candidat à la présidentielle et alors qu'il ne cesse de se poser comme le candidat d'une gauche qui apaise -en opposition à la conflictualité choisie par son parti-, François Ruffin a refusé de dénoncer l'interdiction. Soulignant que l'abaya n'est certainement pas la priorité de l'école publique, le député LFI a tout de même validé l'idée que la loi du 15 Mars 2004 renforçait la laïcité, ce qui est faux. Cette dernière est un violation flagrante de la laïcité puisque seuls les services publics et non leurs usagers (dans ce cas les élèves) sont soumis à la neutralité religieuse.


Avec plus de 70% des personnes sondées expriment leur soutien à l'interdiction, il faut constater les dégâts causés par l'islamophobie. Bien que grossière et empêchant de mobiliser les moyens cruciaux à l'éducation et la formation de leurs enfants scolarisés dans les écoles publiques, les français choisissent d'hurler avec les loups. Les perdants sont bien entendu les musulmans en premier lieu mais aussi et surtout les français dans leur ensemble qui encouragent leurs décideurs à ressortir la carte de l'islamodiversion pour ne pas répondre à leurs attentes.



Dans cet épisode nous revenons sur la supercherie qui justifie l'islamophobie au nom d'une défense de la laïcité, la responsabilité de l'État et bien entendu, la responsabilité des organisations musulmanes.




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