De la Palestine à l'Ukraine

Dernière mise à jour : 12 mars

Si les ukrainiens ont fait le choix de résister à la #Russie jadis co-membre d'une entité commune (l'ex URSS), que dire des palestiniens qui résistent à une entité à laquelle ils n'ont jamais appartenu?


Les organisations palestiniennes et de soutien au peuple palestinien devraient saisir ce moment pour faire le parallèle avec l'Ukraine et légitimer à nouveau le droit des palestiniens à la résistance comme le font les ukrainiens avec l'adhésion totale des institutions européennes.

Si les ukrainiens peuvent (et doivent) être célébrés pour leur résistance à l'occupation, les palestiniens le peuvent (et doivent) l'être tout autant. L'Union Européenne en est même arrivée à financer l'armement des ukrainiens sur fond de storytelling des civils préparant des cocktails molotovs ou rejoignant des groupes armés. Mais lorsqu'il s'agit de palestiniens qui jettent des pierres face à des soldats surarmés et chachés dans des chars, on hausse des épaules. Parce qu'en Europe, en Occident, ce qu'on n'ose pas admettre ouvertement mais qu'on déclare par ce sursaut soudain pour les réfugiés blancs ukrainiens, blonds aux yeux bleux* (oubliez les noirs et les arabes sur place qu'on vire des trains), on est convaincu que les souffrances des peuples non européens sont acceptables et font partie des aléas de la vie.

Si les ukrainiens ont fait le choix de résister à un homme -Putin- qui refuse l'idée même d'un État ukrainien en se justifiant par l'adhésion commune à une entité morte et enterrée (l'URSS), que dire des palestiniens qui ont fait le même choix contre une entité (sioniste) à laquelle ils n'ont jamais appartenu et qui leur est venue d'au-delà les mers?

Soutenir les ukrainiens mais pas les palestiniens alors que ces derniers résistent depuis plus d'un siècle à l'occupation brutale de leur terre, là où l'Ukraine faisait encore partie de l'URSS jusqu'en 1991, préparait sont entrée dans une alliance militaire qui allait positionner ses bases et ses missiles à la porte d'un autre pays rival de l'OTAN, c'est être un fieffé raciste. Avoir ce genre de position, c'est être un croyant en la suprématie des blancs qui seuls auraient le droit de lutter pour leur liberté contrairement aux arabes.


Putin n'a cessé de prévenir que l'adhésion de l'UkrainE à l'OTAN serait une ligne rouge et n'a cessé de prévenir comme il l'a fait avec la Géorgie en 2014. Est ce que cela justifie son invasion de l'Ukraine? Même pas en rêve, et, connaissant son passif en Tchétchénie qu'il a rasée et écrasée dans le sang, il est à craindre que des crimes de guerre ont déjà été commis et que le pire est peut être encore à venir.





Mais que dire des États Unis qui font de l'Europe continentale leur terrain de jeu et font payer le prix aux civils? N'ont pas brandi la menace nucléaire le jour où ils ont découvert que Cuba allait accueillir des missiles soviétiques à 150 km de la Floride? Les américains peuvent donc jouer avec le feu sur le dos des ukrainiens en envisageant de les faire entrer dans l'OTAN et donc en faire un voisin hostile, sans imaginer un instant qu'ils allaient mettre en danger les ukrainiens face à une Russie qui garde les traumatismes de l'invasion nazie (5 millions de morts en 200 jours durant l'opération Barbarossa) et avant elle celle de Napoléon?

Les palestiniens n'ont jamais eu pour projet de se libérer des sionistes pour poster des missiles en direction de l'Europe, et il leur est pourtant interdit de résister. Le deux poids deux mesures est encore plus flagrant aujourd'hui.

Alors que le mouvement non violent BDS est criminalisé en Europe et que Gérald Darmanin compte dissoudre deux organisations de soutien à la Palestine, des centaines de millions d'euros sont promis pour armer les ukrainiens et "mettre à genou l'économie russe" comme vient de le promettre Bruno Le Maire ce matin.

Le soutien aux ukrainiens à l'occupation de leurs terres doit être total à condition que cette même position s'applique à tous les peuples sous occupation. Cette équivalence doit être imposée par toutes celles et ceux qui ont une parole publique.


Crédit Monweiss.net


*"C’est assez dur pour moi, parce que j’ai vu des personnes européennes, avec des yeux bleus et des cheveux blonds, et aussi des enfants, tués chaque jour à cause des missiles de Poutine", David Sakvarelidze, député géorgien et ukrainien sur la BBC.

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